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Mathilde L'Azou

Nous parlons beaucoup, et entendons constamment parler du « monde d’après ». Mais ce fameux monde ne semble pour l’heure pas inclure le sport.

Je ne suis pas le genre de fille à polémiquer sur les réseaux sociaux, ni à donner des leçons. Je tweete, je poste des photos sur Facebook et Instagram. Je ne réponds que rarement aux commentaires car avec le confinement, les réseaux sont devenus des poudrières où tout le monde a un avis sur tout et n’importe quoi.

Je roule, je cours 5 à 6 fois par semaine. Je ne suis pas athlète de haut-niveau, loin de là, mais je vis grâce au sport. Le sport me permet de me dégager un salaire, grâce à mes photos, mes articles.

Le sport, et nous l’avons vu pendant le confinement, n’est pas un secteur aussi important que la santé, l’éducation, l’alimentation. C’est évident, et d’ailleurs il n’a jamais cherché à dépasser ces milieux qui nous sont primordiaux. Mais pendant ces deux mois à la maison, je n’ai jamais vu autant de joggers, ou autant de gens se ruer sur les appareils de musculation, les homes-trainers… Le sport est revenu à son essence même : un bienfait, pour le corps et pour l’esprit. Un moment à soi, dans la journée, qui permet de rester en bonne santé et de pouvoir évacuer les tensions du travail. Le gouvernement a mis en place de nouvelles pistes cyclables dans les grandes villes, et poussé à favoriser ce moyen de transport si pratique et si efficace qu’est le vélo.

Ceux qui se sont enflammés pendant tout le confinement en soutenant Claude de « Koh Lanta », n’auraient-ils pas moins prêté attention au jeu de TF1 si la Ligue des Champions, ou la saison de cyclisme s’était déroulés comme prévu ?

Le sport est rentré dans la vie des gens, d’une manière différente qu’un abonnement TV ou d’un match à regarder au bar avec les copains. Il nous a aidés à supporter le confinement. Mais une fois le 11 mai arrivé, où sont passés les joggers ? Les bonnes résolutions ? Retour à la case départ, le sport est redevenu ce vieil ami qu’on ignore la plupart du temps, et qu’on appelle qu’en dernier recours.

Mais le sport est aussi, n’en déplaisent à certains, un secteur qui compte, dans nos quotidiens, et économiquement parlant. D’après les bilans 2019 du ministère des Sports, cela représente au moins 230 000 emplois. 15000 de plus qu’en 2010. Les droits TV, les équipements sportifs, la billetterie… représentent un chiffre d’affaires important, chaque année, qui permet de faire vivre de nombreuses personnes.

Le sport est vecteur d’émotions. Mais bien trop souvent, nous l’avons réduit à cette case, alors que c’est bien plus que cela.

« Il Faut relancer, commerces, restauration, bar, bâtiments,tourisme, industrie automobile, cinémas… » , « Va falloir que beaucoup de cyclistes soient réalistes et arrêtent de rêver. La plupart des courses font partie du superflu de la vie« , ai-je pu lire. D’habitude, je ne réponds rien, je laisse couler car je déteste rentrer dans des débats non-constructifs. Mais c’est fatiguant de voir son univers totalement déconsidéré.

En 2011, la République des Pyrénées sortait cet article, démontrant l’impact d’un Tour de France pour une ville. Les chiffres sont concrets, et ne mentent pas : sur les 30 000 spectateurs estimés à l’arrivée de Pau, 50% découvraient la ville pour la première fois, grâce à la Grande Boucle. Le taux de remplissage des hôtels de l’agglomération durant les trois jours du Tour de France, affichait 99 %. Et oui, il faut bien nourrir et loger les 4500 personnes qui travaillent sur l’épreuve au quotidien, mais aussi les supporters qui sont venus spécialement pour l’occasion. Pour le Grand Départ dans la Manche en 2016, les retombées économiques ont été estimées à 22,6 millions, pour un budget d’organisation de 5 millions. Le Tour fait vivre le milieu cycliste, mais permettra également au tourisme de limiter les dégâts cette année.

Le sport a un poids économique, social. Non, ce n’est pas « superflu », de voir une course pédestre ou cycliste être annulée. Entendre dire que « ce n’est pas la fin du monde » si le sport entier vit une saison blanche devient insupportable. Pour ceux qui en dépendent pour vivre, c’est une source de stress immense. Les premiers qui commentent ce genre de choses, seront ceux qui critiqueront nos champions français, en septembre, de « ne pas être fichus de ramener le maillot jaune à Paris ».

Les pistes cyclables temporaires ont été enlevées dans certaines agglomérations. Le respect des usagers de la route n’a jamais été aussi fragile, conduisant à des accidents et une tension palpable. Alors que les restaurants ont rouvert, que les manifestations sont autorisées, il est toujours interdit de pouvoir se changer dans les vestiaires de son club d’athlétisme. Certes, le sport n’est pas primordial, mais il faut arrêter de le considérer comme la cinquième roue du carrosse.

Tout ça pour dire, qu’à quatre ans des Jeux Olympiques de Paris, je ne suis pas sûre que ce soit le bon message à envoyer.

Il y aurait justement, tellement à faire dans ce monde d’après. Aider les jeunes athlètes, sortir de la précarité nos potentiels médaillés mondiaux, européens. Les soutenir financièrement, leur apporter une aide logistique. Ce ne sont que des mots, encore une fois…

One comment on “Quand le sport cessera-t-il d’être la 5e roue du carrosse ?

  1. Pfeuty dit :

    Bonjour Matilde tout est dit. Même tardivement j’attend toutes ces belles courses. Bonne saison à vous nous attendons vos articles. Claudine

    J'aime

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