– MESDAMES –

Le 24 janvier, c’est la journée internationale du sport féminin. Et les autres jours ?

Mesdames,

n’ayez pas peur de prendre une licence. Quel que soit le sport. Ne craignez pas le regard des autres parce que vous arrivez dans les dernières positions : vous serez toujours devant celles qui n’ont pas osé prendre le départ.

N’ayez pas peur de vous montrer en short, que vous ayez de la cellulite, des vergetures, une peau élastique (et oui, c’est la fille qui a crié dimanche dernier, en plein championnat départemental, « je suis grosse et nulle » pour répondre aux encouragements, qui vous écrit ceci). Je vous écris cela parce que les images de rêve que nous vendent les réseaux sociaux ne correspondent en rien à la réalité du sport, du vrai. Celui où on souffre tellement qu’on en pleure, où l’on ne ressemble plus à rien dans la dernière ligne droite d’un cross, où l’on cherche son souffle, où l’on se prend des claques car le sport est ingrat. Ayez confiance en vous. Vous avez franchi d’autres épreuves auparavant, alors celle-ci ne vous fait pas peur.

N’ayez jamais peur de montrer vos émotions, ce sont elles qui vous poussent à vous dépasser, qui vous permettent d’extérioriser. Oui, vous avez le droit de célébrer un but en hurlant votre rage, vous avez le droit d’exulter en franchissant la ligne d’arrivée en première position. Vous avez le droit de pleurer une fois la course terminée.

N’oubliez jamais que vous êtes fortes. Que vous inspirez d’autres jeunes filles. Que vous avez bien raison d’avoir des rêves, des ambitions élevées. Mamans, soyez fières de ce que vous inculquez à vos enfants en faisant vous aussi du sport : travail, persévérance, motivation, esprit d’équipe… Vous êtes les premiers modèles de vos enfants, et eux seront vos premiers supporters. Vous toutes, ne faites pas du sport pour « faire bien » et récolter des likes sur les réseaux sociaux. Bougez-vous parce que c’est ce qui vous fait vous lever le dimanche matin, parce que vous rencontrerez des filles exceptionnelles avec qui vous vivrez des moments forts. Donnez-vous des objectifs parce qu’ils vous pousseront à dépasser vos limites. Cessez de craindre le regard des autres parce que ce n’est pas ce qui vous aidera à avancer. Soyez fières de vos progrès, soyez fières d’appartenir à une équipe féminine quelle que soit la discipline.

La journée internationale du sport féminin ne concerne pas que les athlètes de haut-niveau. Elle vous concerne, vous aussi, plus que jamais.

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S’il suffisait d’une journée pour vanter les mérites du sport féminin… S’il suffisait d’une réunion entre officiels, d’émissions spéciales le temps de 24 heures, pour régler tous les soucis… Il faut souligner la progression, lente mais nécessaire, de la médiatisation du sport féminin, et de son développement. Mais le chemin pour arriver à une pleine égalité est encore long.

A l’image de la dernière Coupe du monde féminine, organisée en France, le sport féminin peut être tout aussi populaire que son homologue masculin. Malgré l’élimination des Bleues en quart de finales, Megan Rapinoe et ses coéquipières ont ébloui la compétition de par leur jeu… mais aussi leur mentalité. Grande confiance, propos contre Trump… Ces joueuses ont donné l’impression de n’avoir peur de rien et ont assumé de bout en bout leur quête de l’or : elles se savaient ultra-favorites, elles venaient pour le titre et rien d’autre, elles sont reparties avec. Nul doute que quelques vocations ont dû naître en les regardant jouer.

9 - France chrono (3)

Nous grandissons tous et toutes avec des idoles. “Les idoles de notre jeunesse deviennent les modèles de notre vie”, dit-on. Quand j’étais petite, j’admirais autant Christine Arron qu’Hasna Taboussi, une spécialiste finistérienne du cross. Combien sommes-nous dans le même cas ? A vénérer ces sportives qu’on voit à la télévision, à les afficher en poster dans notre chambre… Mais aussi à admirer ces athlètes que l’on voit “en vrai”, un effet forcément marquant quand on est jeunes. Ce sont aussi ces championnes, que l’on voit aux championnats régionaux, départementaux, qui nous donnent envie de persévérer car en les voyant d’aussi près, on se dit, alors perchées du haut de nos dix ans, que c’est possible. On se rend alors compte qu’avec de la persévérance et beaucoup de travail, tout est possible.

Oui, mesdames, vous pouvez rêver d’une carrière sportive de haut-niveau. Que ce soit en lancer de marteau, en football, en judo… Le chemin pour y arriver sera tortueux, semé d’embûches et la vie ne vous fera pas de cadeaux. Concilier études et sport de haut-niveau sera extrêmement difficile. Financièrement, tout le monde ne pourra (malheureusement) pas prétendre à une aide suffisante. Mais les choses tendent à bouger. Peu à peu, l’égalité hommes-femmes dans le sport se rétablit. Le sport féminin est même diffusé en prime-time. Mais qu’en sera-t-il à l’issue de la disparition de chaînes comme France O ou France 4, primordiales pour aider à la médiatisation du rugby, du football féminin ? Paris 2024, c’est déjà dans cinq ans… Où en sont les aides, pour aider nos potentielles médaillées, dont certaines sont encore étudiantes ou en galère financière (ou les deux, d’ailleurs) ?

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Shelly-Ann Fraser gagnerait à être aussi connue qu’Usain Bolt. N’est-elle pas l’une des plus grandes sprinteuses de l’histoire, avec neuf titres mondiaux, dont le dernier acquis après une grossesse ? Allyson Felix, elle aussi maman, est devenue l’été dernier l’athlète la plus titrée en championnat du monde (11 médailles d’or). Et que dire de Serena Williams ? Alex Morgan ? Federica Pellegrini ? Pauline Ferrand-Prévot ?

Toutes ces femmes ont, de surcroît, une histoire. Le fameux “truc en plus”, dont raffolent les médias, et qui font que les gens se disent, “wouah, elle en a du cran”.

Du cran, il faut en avoir pour tenter le pari d’une carrière sportive. Il en faut encore, pour vouloir devenir maman à l’apogée de sa carrière. Tout le monde ne comprend pas forcément ces choix, la preuve avec des équipementiers qui laissent tomber des athlètes enceintes, quel que soit leur palmarès ou leur renommée. Peu à peu, les choses changent. Dans le hand, de plus en plus de clubs accompagnent désormais leurs joueuses dans leur maternité, et les aident à revenir au plus haut-niveau. Et c’est la moindre des choses. Une envie de grossesse ne doit plus être un tabou pour les sportives de haut-niveau. Les règles ne devraient plus l’être non plus.

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Mesdames,

n’ayez pas peur de prendre une licence. Quel que soit le sport. N’ayez pas peur de vous montrer en short, que vous ayez de la cellulite, des vergetures, une peau élastique. Ne craignez pas le regard des autres parce que vous arrivez dans les dernières positions : vous serez toujours devant celles qui n’ont pas osé prendre le départ. N’ayez jamais peur de montrer vos émotions, ceux sont elles qui vous poussent à vous dépasser, qui vous permettent d’extérioriser. Oui, vous avez le droit de célébrer un but en hurlant votre rage, vous avez le droit d’exulter en franchissant la ligne d’arrivée en première position. Vous avez le droit de pleurer une fois la course terminée.

N’oubliez jamais que vous êtes fortes. Que vous inspirez d’autres jeunes filles. Que vous avez bien raison d’avoir des rêves, des ambitions élevées. Mamans, soyez fière de ce que vous inculquez à vos enfants en faisant vous aussi du sport : travail, persévérance, motivation, esprit d’équipe… Vous êtes les premiers modèles de vos enfants, et eux seront vos premiers supporters. Vous toutes, ne faites pas du sport pour « faire bien » et récolter des likes sur les réseaux sociaux. Bougez-vous parce que c’est ce qui vous fait vous lever le dimanche matin, donnez-vous des objectifs parce qu’ils vous pousseront à dépasser vos limites. Cessez de craindre le regard des autres parce que ce n’est pas ce qui vous aidera à avancer. Soyez fières de vos progrès, soyez fières d’appartenir à une équipe féminine quelle que soit la discipline.

La journée internationale du sport féminin ne concerne pas que les athlètes de haut-niveau. Elle vous concerne, vous aussi, plus que jamais.

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