Une semaine à la Ryder Cup : pourquoi je ne verrai plus le golf de la même façon

Vous m’auriez demandé il y a encore un an sur quels sports on pouvait me faire travailler, je vous aurais répondu, comme toujours : « sur tout, sauf du golf ».

Et pourtant, me voilà revenue de la Ryder Cup, que j’ai eu la chance de découvrir de l’intérieur, en travaillant pour la Fédération Française de Golf à cette occasion.

Il y a six mois, j’ai d’abord reçu un mail. On me parlait de travailler sur une certaine Ryder Cup, que c’était du golf. On me proposait un rendez-vous téléphonique pour en discuter. J’avoue que je n’ai pas fait plus de recherches que cela, avant de recevoir ce fameux coup de téléphone. Ce n’est que quand mon interlocuteur a commencé à me dire qu’ils attendaient 300 000 spectateurs dans la semaine, que j’ai commencé à être intéressée. Intriguée, pour être exacte. Quoi ? Du golf, qui ramènerait 300 000 personnes à Paris ? Est-ce vraiment possible ? Alors j’ai dit oui. Et je me suis laissée embarquer dans cette formidable aventure…

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Il a d’abord fallu apprendre ce qu’était le golf. Qui en étaient ses principaux acteurs. Tiger Woods, OK. Rory McIlroy, vaguement entendu parlé. J’étais avec mes fiches, à retenir les visages, ainsi qu’une info supplémentaire, sur les 24 joueurs sélectionnés pour la compétition. Je me suis ensuite familiarisée avec le vocabulaire du golf. Le drive, le birdie, le bogey, le putt… Bref, je m’ouvrais à un univers qui m’était totalement inconnu.

Je suis arrivée sur place le dimanche 23 septembre, soit une semaine pile avant la fin de la compétition. Rencontre avec l’équipe, brief sur les tâches à effectuer (pour ma part, tenue du compte instagram de la Fédé, et des stories). Mais surtout, découverte du lieu et de cette fameuse tribune du tee n°1. 6500 places. Du jamais vu pour du golf. Avec la naïveté de quelqu’un qui n’y connaît absolument rien, j’avais du mal à l’imaginer remplie. Quelle claque j’ai pris, quelques jours plus tard !

Les entraînements, un show à part entière

 

Il y a d’abord eu les sessions d’entraînements, ainsi que les photos officielles. Tous les jours, les meilleurs joueurs du monde se donnaient rendez-vous sur le magnifique parcours de l’Albatros, pour tester ces 18 trous, et s’adapter aux conditions climatiques, bonnes dans l’ensemble mais très ventées. A chaque fois, ceux-ci étaient suivis par une horde de supporters. Ils étaient pas moins de 30 000 jeudi, veille des premiers matches. Les stars jouent leur Ryder Cup à eux, les juniors aussi, les anciens capitaines… On parle d’une rumeur disant que Trump pourrait venir… OK, je me rends enfin compte de l’ampleur de l’événement. Mais aussi du charme de celui-ci.

Avant d’être sur place, vous m’auriez proposé, même gratuitement, de venir une journée sur le Golf national pour y voir des entraînements, j’aurais dit non. C’est même pas de la compétition, et en plus, c’est loin… Quelle erreur. Quand vous y êtes spectateurs, vous pouvez voir de (très) près les plus grands joueurs du monde. Les légendes vivantes de ce sport, mais aussi ses futurs cracks. Vous les voyez se succéder, tee par tee. Vous pouvez les suivre, aussi. Bref, vous pouvez passer une journée entière aux côtés de ceux qui vous font rêver ou justement, de ceux dont vous venez découvrir l’univers. Et déjà, les beaux coups pleuvent. Quelle technique ! Et en même temps, quelle sérénité affichée. Quoi les gars, vous ne jouez pas le 3e événement mondial sportif ?

« Tommy, je te prête ma femme, je ne t’en voudrais même pas »

Et puis c’est l’heure de la compétition. La vraie. Premier match prévu à 8h10. Les portes ouvrent à 6h30. Personnellement, j’arrive sur place à 7h10. Il fait cinq degrés. Je vais prendre ma place auprès des photographes. Et je fais face à un mur de supporters.

Bordel, la tribune est remplie.

Et en plus, ils n’arrêtent pas de chanter. Ceux qui se trouvent aux premiers rangs ont couru pour y arriver les premiers. Et ça chante, d’une seule voix. « Europe ! Europe ! », « Rory ! Rory ! ». J’en ai des frissons. Je me dis : « ok, en fait c’est juste incroyable ce qu’on vit là ». C’est historique. Non seulement parce que Tiger Woods frappe les premières balles de sa carrière professionnelle en France, et qu’on est là, juste à côté. Mais surtout, parce que c’est la première Ryder Cup en France. Et que celle-ci se montre à la hauteur de l’événement.

Que de monde. Sur toutes les rencontres, les déplacements des joueurs européens sont suivis par une vraie bronca. Les putts du Team de McIlroy sont applaudis, à tel point qu’on les entend depuis un autre tee. Il y a 60 000 personnes, réparties sur tout le parcours. La bronca, et soudain le silence. On entend le bruit du drive sur la balle. Les américains sont sifflés, mais avec bienveillance. Comme si cela faisait partie du show, après tout. J’ai un accès aux cordes avec mon chasuble, ce qui fait que je passe par la même route que les joueurs sur le parcours. Je peux aller sur n’importe quel trou. M’asseoir n’importe où, et assister de près à cette compétition, qui n’en finit pas de m’impressionner. Mais quelle précision ! Quelle concentration ! Quel sens du show…

Nombreuses sont les chansons qui resteront gravées. Elles sont pourtant toutes simples. Il y a celles dédiées à McIlroy. Il y a les « Sergioooooo », ou les « Toooooommy », qui résonnent. Même le « Ohé ohé » reste un moment dingue. Car ce sont 60 000 personnes qui reprennent à l’unisson ce chant de supporter. Certains anglais chantent même « Tommy, je te prête ma femme, je ne t’en voudrais même pas ». Mais aussi « Hey Jude », ou…. « Frère Jacques ». Vous l’avez compris, l’ambiance est bon enfant.

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Arrive le moment fatidique. Celui qui sacre une équipe. Qui la fait rentrer dans l’histoire. Un moment de pure folie. Tout à coup, des milliers de spectateurs ont dépassé les cordes, et sont venues célébrer les joueurs du Team Europe sur le terrain. La bande à Ian Poulter est de nouveau reine sur son terrain. Tommy Fleetwood est porté en triomphe. Justin Rose et Fransesco Molinari chauffent le public. Tiger Woods et l’équipe américaine ne peuvent que constater leur amère déculottée, et l’osmose qui s’est formée entre leurs adversaire et un public fou de joie.

Voilà, la Ryder Cup, c’est un peu tout ça. Du très haut-niveau. Des moments dingues. Une ambiance incroyable mais toujours respectueuse des joueurs. Des instants qui resteront gravés. Et la prochaine fois qu’on me proposera de travailler pour un certain projet, je demanderai : « Oui, c’est du golf ? »

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