Immersion au sein de la Haute Route

J’ai eu la chance de suivre la semaine dernière la Haute Route Pyrénées. Si vous n’avez jamais entendu parler de cet événement, sachez qu’il s’agit d’une des plus grandes cyclosportives du monde. Au programme, sept étapes, après presque 20 000 m de dénivelé. Et des ascensions mythiques, comme celles d’Hautacam, de l’Aubisque, du Tourmalet… Mais aussi celle du Portet. Immersion dans ce monde à part qu’est la Haute Route.

Pau, samedi 18 août, 6h30 du matin. Alors que le Palais Beaumont est encore caché par la nuit, et que quelques adeptes des soirées du vendredi refont le monde sur le trottoir, les coureurs de la Haute Route se préparent pour la grande aventure. Peut-être de celles qui peuvent changer une vie, pour ces passionnés qui viennent de partout dans le monde. Ici, sur la ligne de départ, se côtoient coureurs élites et cinquantenaires bien affûtés. Les défis ne sont pas les mêmes : certains se joueront les premières places du classement général, ainsi que le gain de l’étape. Les autres se battront pour terminer tous les jours dans les délais. Et ce n’est pas si simple.

 

Je pense que je resterais marquée par les rencontres que j’ai pu faire au cours de cette semaine. Je crois que je commençais à être trop formatée par les courses professionnelles sur lesquelles j’ai l’habitude de travailler. Hôtel, briefing, présentation des équipes, course, arrivée, massage. Telle est la journée normale au sein d’une épreuve professionnelle.

Ici, c’est un monde totalement différent. On roule avec du poil aux pattes, les vélos sont parfois trop grands (mais tous très beaux soit dit en passant). On roule en tenue complète d’équipe professionnelle, ou bien on se vêtit des dernières tenues achetées la veille au village de l’épreuve. Les premiers, comme Rory ou encore Pierre, sont des cyclistes de 1e catégorie, qui bien que non-habitués à une telle difficulté de parcours, savent enchaîner et connaissent parfaitement leur corps. Et derrière, il y a des gens comme Martine.

 

Martine, c’était sa quatrième Haute Route. Tous les jours, elle s’acharne à terminer l’étape dans les délais. En fin de semaine, l’organisation la faisait même partir quinze minutes avant, afin de lui éviter le stress de devoir jouer avec la limite du temps. Il arrivait que des soirs, elle se rende au briefing toujours en tenue. Bière à la main, appareil photo dans l’autre. Le sourire n’est jamais en option. Martine est une passionnée. En 2015, elle a même suivi une étape du Tour d’Alsace dans la voiture du CC Etupes. Elle fait du vélo pour le plaisir, et c’est sûr, reviendra ici repousser ses limites.

Ici, le temps d’une semaine, tous ces passionnés de la petite reine sont comme englobés dans le monde des pros. Ils se font masser tous les jours. Ont le droit au repas de midi, souvent riche en sucres lents et fruits. Peuvent se permettre une petite séance de cryothérapie. Et bénéficier, pendant l’étape de riches ravitaillements, mais surtout d’une étape roulée en toute sécurité. De nombreuses motos et voitures de l’organisation, mais aussi les bénévoles présents sur le bord de la route ont assuré toute la semaine.

Il y a aussi des gens comme Tim. Tim est anglais. Il est pilote d’avion, mais aussi gérant du « Café Pod ». Un fourgon ambulant qui parcoure les routes de la Haute Route. Tous les matins, il anime le village départ dès les premières lueurs du jour. Il se place ensuite dans un col, où « Eye of the tiger » résonne à bloc. Avec ses encouragements, il motive les coureurs. Et leur donne un sourire radieux, la rage d’en finir avec ce dénivelé de malheur. Au cours d’une étape, lui et sa copilote (qui se déguise en dinosaure rose dans la journée) ont par exemple suivi deux cyclistes qui étaient à la peine, pendant deux heures. Pour les aider à finir, ils ont mis Métallica à fond, et n’ont eu de cesse d’encourager les deux jeunes femmes, qui ont ainsi pu finir dans les délais. C’est ça, la Haute Route. Chacun se soutient.

Et puis, quel plaisir de pouvoir rouler sur ces routes si mythiques. D’emprunter ces cols qui ont forgé la légende du Tour de France, et surtout de prendre le temps de s’y arrêter. Un ravito au sommet du Tourmalet. Un autre dans l’Aubisque. Puis près d’un clocher dans un petit village perdu. Sur le Tour, on ne se rend pas forcément compte de la richesse des paysages qui nous entourent. Du moins, on n’en prend pas le temps. C’est dommage, mais difficilement possible.

Tous les jours, pendant les six heures que je passais sur la moto, j’ai eu la chance d’en prendre plein les yeux. En compagnie de la Haute Route, j’ai passé une semaine incroyable, qui en appelle d’autres… Rendez-vous début octobre au Ventoux !

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