Le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, l’enfer et le mythe

Un jour en enfer. On a tous connu des journées que l’on aurait préféré passer confortablement installés sur notre canapé, glace Hâgen Däaz dans une main, bière dans l’autre. On a tous vécu ce genre de journée galère où les aléas de la vie ne sont pas en notre faveur. Les coureurs, eux, connaissent l’enfer. Le vrai, celui qui terrifie autant qu’il fait fantasmer. On l’appelle parfois « l’Enfer du Nord », mais il prend tout son sens une semaine avant, sur le Tour des Flandres.

Vaincre le Pattenberg ou Arenberg, la quête d’une carrière

Pour certains, ce sont les plus belles courses. Pour d’autres, ce sont les plus dures. Ce n’est pas pour rien qu’on surnomme Paris-Roubaix « l’Enfer du Nord ». Pour tous, c’est peut-être la seule épreuve qui vaille le coup d’être terminée, histoire de pouvoir se dire une fois das sa vie : « je l’ai fait. J’ai vaincu Arenberg, je me suis joué du Carrefour de l’Arbre, j’ai vu le vélodrome ». Alors pour marquer le coup, les équipes se retrouvent quelques jours avant le départ, et partent repérer les lieux. Histoire de s’imprégner du mythe qui entoure ces courses.

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On a senti la tension monter ces derniers jours, avec le GP E3, A Travers la Flandre, Gand-Wevelgem… A chaque course son scénario unique, son lot de surprises et de déconvenues. Une montée en puissance avant le départ du Tour des Flandres, demain. Et Paris-Roubaix, dimanche prochain. La légende ne retient que le vainqueur. Que celui qui aura vaincu le Pattenberg. Ou celui qui aura triomphé d’Arenberg. Mais chaque coureur se souvient de son premier mythe. On ne prend pas le départ d’un Tour des Flandres de la même manière qu’une Route Adélie ou même qu’un Paris-Nice. Cela n’a rien à voir.

Au départ, tout le monde est embarqué dans la même galère. La même course vers l’arrivée. Certes, il y a deux catégories de coureurs : ceux qui peuvent espérer triompher, et ceux qui espèrent juste finir. Mais pour tous, la course apportera son lot de souffrances. De crevaisons, de chutes. De mains abîmées par les ampoules. D’un corps sali par la boue ou la poussière. D’une âme meurtrie par cette journée si importante, une fois qu’elle est terminée.

A l’arrivée, ce qui est marquant, c’est le silence qui entoure les coureurs. Ceux qui parviennent à rallier le vélodrome de Roubaix se retrouvent enfin en terrain connu. Finis, les pavés. Finie, la journée passée à souffrir sur son vélo, à mettre son coeur sur la potence. Terminé, l’Enfer. Le souffle rauque, le visage noir. Les rictus de souffrance rendent ces guerriers de nouveau humain. Au loin, alors que le vainqueur est célébré, les autres coureurs continuent d’arriver. Dans l’anonymat le plus total. Mais qu’importe.

Ce qui compte, c’est de finir. De pouvoir se dire qu’au moins une fois dans notre vie, nous sommes allés au bout de l’Enfer. Et nous l’avons conquis.

 

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