La Foire aux Questions (2eme partie)

Il y a quelques semaines, je vous ai sollicité sur mes réseaux sociaux pour pouvoir mettre en place une sorte de Foire aux Questions. 

Aujourd’hui je reçois en moyenne une vingtaine de nouveaux messages par jour. Je suis très heureuse de vous répondre à chaque fois, mais comme vous pouvez le deviner, cela me prend énormément de temps car c’est pour moi la moindre des choses de vous fournir une réponse convenable. Du coup, je vous réponds de plus en plus tard, et je ne veux pas que cela soit pris pour du snobisme.
Aussi il m’est venu l’idée d’en faire un article sur mon site. Comme ça vous aurez des réponses détaillées sur les métiers de journaliste, photographe, community manager… mais aussi des infos sur mon parcours, ou encore sur les événements que j’ai pu couvrir comme les JO ou le Tour.

LE TOUR DE FRANCE

11. Comment t’es tu retrouvée à faire le Tour de France à l’âge de 14 ans ?

J’ai eu beaucoup de chance ! Les Jeunes Reporters du Tour de France permettaient chaque année grâce à ASO à six jeunes, âgés de 14 à 16 ans, de suivre la Grande Boucle en tant que journalistes. Pour participer, il fallait d’abord envoyer un article et une lettre de motivation. Sauf que mon papa m’a parlé de ce concours… la veille de la fin du concours ! J’ai donc réalisé un article à la va-vite, sans faire de lettre. Et finalement quelques semaines plus tard ils m’ont rappelée pour participer aux pré-sélections, au siège d’Amaury Sport Organisation. Là-bas, on a passé plusieurs épreuves, comme écrire un article, faire des interviews spontanées… C’était très stressant. Et finalement, j’ai été prise parmi les six participants à l’édition 2010.

J’avais 14 ans, et je suis donc partie à Rotterdam, pour le Grand Départ. Tous les deux jours, on sortait un petit journal papier, qui était imprimé à 1000 exemplaires, c’était formidable ! J’en garde encore aujourd’hui des souvenirs incroyables.

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12. Comment se passe une arrivée sur le Tour de France ?

Les arrivées d’étape sur le Tour, c’est souvent le grand bazar, surtout en montagne. Il faut imaginer, les coureurs arrivent un à un ou en petit groupe. Ils ont roulé pendant sept heures, ils sont exténués. Le soleil tape fort, on avoisine les 40 degrés. Et puis il y a ces 700 journalistes et photographes, montés en navette, qui encerclent le maillot jaune et le vainqueur du jour. Ca mitraille, ça court pour les interviews entre ces coureurs qui suffoquent, qui se réhydratent… Le bazar quoi ! J’ai le souvenir de cette photo, qui a beaucoup tourné par la suite, que j’ai prise de Romain Bardet à la Planche des Belles Filles. Il venait tout juste d’arriver. Vu qu’il avait franchi la ligne en même temps que le maillot jaune, aucun objectif n’était braqué sur lui. Je l’ai vu s’assoir, et fermer les yeux, exténué. Par respect pour les coureurs, je shoote toujours avec une certaine distance, pour ne pas les agresser, pour les laisser respirer. Pour qu’ils ne remarquent pas ma présence aussi, et qu’ils restent naturels. Là je suis restée à cinq mètres de lui. J’ai pris deux photos. Pas besoin de plus pour retranscrire ce moment d’humanité, si rare dans ce grand spectacle qu’est le Tour.

Sur les étapes de sprint, c’est encore plus rapide, ça se pousse, ça se donne des coups… C’est vraiment violent ! Mais ça donne un coup d’adrénaline complètement dingue.

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Ma Team, sur le Tour 2017 ! De gauche à droite : David (cadreur 360), JC (caméraman), Loick (super génial chauffeur)

 

13. C’est quoi une journée-type sur le Tour ?

Le Tour, c’est une petite ville de 5000 habitants qui se déplace chaque jour, dans toute la France (voire l’Europe, on a fait cinq pays cette année quand même). C’est une bulle frénétique, où tu n’arrêtes JAMAIS.

Cette année, je me réveillais souvent à 7h30 (ou 6h30 quand j’allais courir avant), pour un départ de l’hôtel entre 8h30 et 9h. On avait généralement une heure de route pour rallier le village-départ. Pendant cette heure de route, j’en profitais pour caler mes sujets du jour et ceux des prochaines étapes, et j’en profitais pour prévenir mon patron de mon organisation. Arrivée au Village-départ, on tournait l’émission du jour, avec notre invité quotidien. Après quand on avait le temps de profiter un peu du village et du Tour, je restais traîner un peu aux bus ou dans les stands, pour partir avant le départ de l’étape, qui a lieu entre 12h et 13h.

Là commençait le transfert vers l’arrivée, grâce à un itinéraire-bis. J’en profitais pour manger un peu, vérifier qu’on avait réalisé tout ce qu’on devait faire, charger mon portable, vérifier les plans… On arrivait en moyenne dans la zone d’arrivée entre 15h et 16h, toujours minimum une heure avant l’arrivée des coureurs. Comme ça j’avais le temps de me poser au camion de Francetv, et d’envoyer les sujets du jour. J’allais ensuite sur la ligne pour prendre en photo l’arrivée vers 16-17h. Après le temps d’envoyer les sujets, les photos, on quittait la zone d’arrivée vers 20h. Encore une heure de voiture le temps de rallier l’hôtel, et nous voilà au restaurant aux alentours de 21h30. Le temps de manger, de se laver, de prendre un moment pour soi, je me couchais rarement avant minuit, minuit et demie. Mais quel bonheur de suivre ces trois semaines !

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14. Quel est ton meilleur souvenir sur le Tour 2017 ?

Je crois que c’est l’étape de l’Izoard qui m’a le plus marquée. Déjà rien que pour y aller c’était la galère ! On a dû se garer à trois kilomètres de l’arrivée, dans la pampa, entre des caravanes et les roches qui ne faisaient que se décrocher de la montagne… L’aventure quoi ! On a galéré à monter à pied, déjà. Et puis en haut, aucun réseau, rien, pendant sept heures ! Sept heures à être parmi les supporters, à regarder l’écran géant, allongée dans l’herbe, à attendre l’arrivée… C’était beau, y a pas d’autres mots ! Un temps de tranquillité, dans la folie du Tour de France. Quel calme, avant l’arrivée des coureurs… Et puis Barguil est arrivé… Oui, sportivement, c’était vraiment beau. Après des souvenirs, des rencontres… Il y en a eu tous les jours, c’était fou ! C’est la folie du Tour.

MON PARCOURS (SCOLAIRE, et PROFESSIONNEL)

  1. Comment t’est venue cette passion pour le cyclisme et la course a pied ?

C’est de famille ! Je suis née dans une famille de cyclistes et plus globalement, de sportifs. Alors j’ai passé tous mes week-ends sur les courses de vélo, ou les trails, les cross…. Quand vous grandissez dans un environnement qui ne vit que pour ça, c’est très dur de ne pas attraper le virus à son tour. Donc comme Obélix, je suis tombée dedans quand j’étais petite 😉

2. Et pourquoi avoir voulu devenir journaliste sportive ?

Mon papa était coureur, mais je n’ai jamais eu la chance de le voir courir. En revanche, mon oncle, Stéphane Simon, oui. Mes premiers souvenirs de sport sont avec lui. Et j’étais très jalouse de voir ces messieurs avec des caméras et des micros le monopoliser après les courses ! Je voulais faire pareil. Puis j’ai grandi, au contact de professionnels comme Philippe Priser ou encore Pierre-Henri Menthéour, qui m’ont vraiment donné envie de faire ce métier. Sans eux je ne sais pas ce que j’aurais fait, honnêtement.

3. Quelles études as tu fait pour être journaliste sportive ?

Je n’aime pas trop traîner généralement, alors j’ai appliqué ce trait de caractère à mes études. J’ai obtenu un bac littéraire (mention bien) en 2012. Puis, à 16 ans, je suis rentrée directement à l’IUT de journalisme de Lannion, qui fait partie des 14 écoles françaises reconnues par la profession. Là-bas j’ai fait un DUT et une licence, et j’ai donc terminé ma scolarité par un Bac+3, en 2015.

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4. Quel a été ton parcours professionnel ?

J’ai un parcours plutôt atypique…
J’ai commencé à l’âge de 14 ans (j’en ai aujourd’hui 22), en étant jeune reporter sur le Tour de France 2010. C’était une opération qui permettait à six jeunes de tenir un journal papier pendant les trois semaines de compétition. Après cela, j’ai continué de travailler (en plus de mes études) pour le site Vélo 101, ainsi que le magazine La Bretagne cycliste. Parallèlement, j’ai lancé mon entreprise de photo, ce qui fait que j’ai commencé à travailler pour des magazines, des équipes de cyclisme, pour l’Armée de Terre
J’ai réalisé des stages au Télégramme des sports, à L’Equipe et Vélo Magazine. J’ai également travaillé deux mois en tant que journaliste sportive l’été, au journal Le Progrès de Bourg en Bresse.

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Et pendant ma licence, j’ai fait un stage à Francetv sport, pendant 3 mois. Ils m’ont directement proposé de faire le Tour de France avec eux, à la sortie de mes études, en juillet 2015. Depuis je suis pigiste pour eux. J’ai été envoyée spéciale aux Jeux Olympiques de Rio, quatre Tours de France, deux Roland-Garros, un tournoi des Six Nations, finales de Coupes d’Europe de rugby… Mais aussi de nombreuses courses cyclistes un peu partout en Europe et dans le monde, à Tokyo, Dubai… Voilà les grandes lignes !

Mon matériel

5. Quel est l’appareil photo que tu utilises pour tes reportages ?

Je suis assez chargée quand je me déplace sur les événements, alors je n’ai qu’un appareil photo. Il s’agit d’un Nikon D7000 (et oui, mon petit budget ne me permet pas plus). J’ai également une Go Pro qui me sert de temps à autres.

6. Et quel est l’objectif ?

J’ai acheté il y a deux ans un objectif 18-300 qui me convient parfaitement. Comme ça ça m’évite de changer d’objectif en pleine course, ce qui permet un certain confort.

7. Comment t’est venue cette passion pour la photo et quel logiciel utilises-tu pour tes retouches ?

Ma passion de la photo est arrivée après celle du journalisme. Elle est arrivée après que j’aie couvert mon premier Tour de France, en 2010. J’avais 14 ans, et j’avais un appareil photo… Complètement pourri ! Mais j’avais cette envie de me créer des souvenirs, et de beaux souvenirs.
Alors j’ai demandé au Père Noël un bel appareil. Et après, je me suis éclatée. De plus en plus. Pour mes articles, je savais également que c’était plus pratique que je prenne les photos, ça allait plus vite que de demander à tel ou tel photographe. Contrairement au journalisme, la passion de la photographie ne m’est pas venue naturellement. Mais j’ai appris à apprivoiser cet univers, et à l’apprécier. Depuis, je m’éclate !
Pour le logiciel, j’utilise Adobe Photoshop Lightroom. C’est vraiment un bon logiciel, très instinctif et simple d’utilisation quand vous ne voulez pas trop vous fouler.

8. Qu’est ce que tu mets dans ton sac généralement en reportage ?

Beaucoup trop de choses ! C’est terrible, je suis incapable de me déplacer avec un petit sac. Quand je suis une course toute seule, voici ce que je prends :
– mon appareil photo
– mon ordi
– batteries supplémentaires (pour le téléphone)
– cartes SD
– un (ou deux) carnet
– kway (on n’est jamais trop prudents en Bretagne)
– un chiffon (pour nettoyer l’appareil, sur des courses comme le Tro Bro ou Paris-Roubaix)
– pique-nique + bidon (et ouais, important le ravito)
– une carte, que je scotche généralement au volant de ma voiture pour voir directement les endroits où je peux couper sur la course.

Les écoles de journalisme

9. Je veux rentrer dans une école de journalisme. Quels conseils pourrais-tu me donner ?

D’abord, tente une des 14 écoles reconnues par la profession. Il y a Lille, Strasbourg, mais aussi Lannion, Tours, Cannes… C’est ce qu’on appelle « la voie royale ». Je ne te cache pas que la sélection est généralement difficile, mais si jamais tu n’es pas pris du premier coup, ne te décourage surtout pas. Profites-en pour faire un ou deux ans de fac, ou de prépa, pour cumuler de l’expérience et avoir de bons réflexes de travail universitaire.

Ensuite… Lis ! Lis, suis l’actualité générale, rends toi sur les événements… Crée ton blog, ou tente d’écrire pour un site pour « te faire la main » parce que toute expérience est toujours bonne à prendre… Mais surtout, garde la passion ! C’est ça qui te mènera là où tu le souhaites. Ne comptes pas tes heures, et surtout ne te mets pas une trop grande pression, parce que ce qui intéresse beaucoup les écoles, c’est aussi ton caractère et ta capacité à apprendre, à te différencier des autres. Trouve ta « patte » ! Et continue d’être curieux…

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10. Qu’est ce que tu as appris dans une école de journalisme ?

A (bien) faire mon métier ! On sait tous prendre une photo, ou écrire un texte. En école, vous savez écrire une interview, faire un compte-rendu, un édito. Prendre une photo d’actu, ou réaliser un portrait. J’ai appris à écrire sur le web, réaliser des reportages pour la Télévision, poser ma voix pour faire de la radio… Bref, être en école de journalisme permet d’acquérir des bases solides pour être un bon journaliste.

Dans mon école, on alternait souvent : une semaine de pratique, une semaine plus théorique, à comprendre l’univers de la presse, à faire un peu de sociologie… Bref, ces deux semaines se complétaient très bien. Et puis le fait d’être dans une école de journalisme permet de faire des stages. C’est très important !

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