Nicolas Roche (BMC) : ses conseils, sa prépa pour la saison 2018

Avenue des Champs-Elysées, en cette fin novembre, alors que quelques flocons de neige font leur apparition…

Le rendez-vous était donné à l’hôtel Lancaster, pour fêter les 80 ans de Toni Maier. Présents au rendez-vous : Greg Van Avermaet, Nicolas Roche, Bernard Hinault, Miguel Indurain ou encore Joop Zoetemelk. Autant vous dire que je ne faisais pas vraiment la maline au moment de rencontrer tout ce beau monde. Nicolas Roche, grimpeur émérite de la BMC, devait par la suite se rendre au Kilomètre 0, pour s’y entraîner (à l’abri). Je l’ai suivi, et en ai profité pour lui poser quelques questions sur sa pratique du sport l’hiver, sur son équipement. Et la cycliste débutante que je suis a saisi l’occasion pour lui demander quelques (précieux) conseils… Bonne lecture !

Nicolas, tu as un bien beau maillot… Mais plus globalement, en évoluant au sein de l’équipe BMC, tu es plutôt bien équipé question vêtements, non ?

Oui c’est sûr. Je me souviens de quand on était gamins, on en rêvait de cette marque ! Quand j’étais jeune je me rappelle que ça faisait partie des marques emblématiques. Le fait de l’avoir comme partenaire de l’équipe dans laquelle j’évolue c’est un privilège. En terme de qualité c’est exceptionnel.

Par exemple quand il fait froid comme c’est le cas, c’est primordial ?

C’est tellement important dans ce métier de pouvoir être bien équipé, d’être protégé des conditions climatiques qui peuvent parfois être difficiles… On a de la chance, surtout qu’ASSOS offre vraiment des vêtements de bonne qualité pour lutter contre l’hiver et le froid. Ça nous permet de ne pas faire d’home-trainer et d’aller s’entraîner sur la route. Ça, c’est vraiment top.

DSC_4273

Justement, parlons-en des conditions d’entraînement l’hiver. Tu es plus de la team « home-trainer » devant ta télé, ou à multiplier les kilomètres quelque soit la météo ?

Je dois avouer que le home-trainer devient de plus en plus pratique. Les nouvelles technologies lui ont permis d’évoluer ces dernières années, ce qui fait que maintenant on peut réussir à s’amuser sur home-trainer. Ce qui avant, le fait d’en faire, c’était plus une sorte de punition, le dernier recours si on n’avait pas d’autre choix. Mais moi je préfère encore aller faire trois à quatre heures sous la pluie, quitte à faire moins que prévu, plutôt que faire du home-trainer. J’ai encore cette préférence d’aller rouler dehors sous la pluie avec un garde boue. Après parfois, on n’a pas trop le choix, s’il y a de la tempête, si c’est trop dangereux de sortir, je ne prends pas de risques.

Est-ce que tu profites de la coupure pour faire d’autres sports ?

Les coupures sont devenues tellement courtes maintenant… On n’a plus que deux ou trois semaines sans rien faire de l’année, on n’a pas vraiment le temps de faire autre chose. Je sais qu’il y a beaucoup de coureurs qui font du VTT, mais moi je préfère rester sur la route. Je vais un peu à la salle aussi, pour faire un peu de rameur, du crossfit ou des trucs dans le genre, afin de ne pas commencer tout de suite avec de longues sorties sur route. Je fais deux à trois heures de vélo, et après le soir je fais une heure de sport en salle. C’est plus pour ne pas passer d’entrée de jeu, dès la reprise, beaucoup d’heures sur le vélo.

24209991_1471795476203542_1053273725_o

Est-ce que toi, le vainqueur d’étape sur un Grand Tour, le multiple champion national, tu aurais des conseils à donner à la débutante que je suis ?

J’ai quelques conseils pour toi. Le premier c’est : PRENDS TON TEMPS ! La régularité est très importante dans le vélo, c’est une discipline qui demande beaucoup de temps, et avec le travail ce n’est pas simple de le trouver, justement. La progression n’est pas rapide non plus. Je sais que quand je vais courir un peu l’hiver, la première semaine est difficile, mais dès la deuxième je me sens mieux. Alors qu’en vélo c’est beaucoup plus long. Il faut être patient.

Je pense qu’il vaut mieux que tu fasses trois sorties de deux heures par semaine, qu’une sortie de cinq heures et une autre d’une heure. J’ai conscience que c’est compliqué pour celles et ceux qui ont un emploi du temps déjà chargé avec le travail, et qui n’ont que leurs samedis et dimanches de libre. Du coup certains en profitent pour faire le plus qu’ils peuvent le dimanche, mais ce n’est pas la solution je trouve. Il vaut mieux faire plusieurs sorties plus courtes toute la semaine, et accélérer peu à peu le rythme pour progresser, qu’une seule grosse sortie par semaine et ne rien faire ensuite. Quand je recommence l’entraînement, je ne recommence pas en faisant cinq heures, je fais trois heures tous les jours avec un peu de repos, puis la semaine d’après je rallonge un peu… à mes amis qui commencent le vélo, je leur dis : commence doucement. Prends toi un home-trainer, fais une heure de vélo le matin ou le soir après le boulot. Mais surtout ne pars pas sur une énorme sortie le dimanche. Déjà parce que tu vas rentrer complètement mort, et ensuite ce n’est pas ce qui va te faire progresser, ça te fera juste de la fatigue ponctuelle.

Ça c’est pour la pratique du vélo en général… Et pour monter des cols ? (Je lui raconte mon ascension du Col du Chat, il se marre)

Pour les cols c’est un peu pareil. Le mieux c’est d’être régulier, mais c’est aussi le plus dur : il faut que tu trouves ton allure, celle qui te convient vraiment. Je parle en connaissance de cause, parce qu’il y a trois mois j’ai un ami qui s’est mis au vélo, et en fin de saison, je faisais mes sorties de récupération avec lui. J’essaie de le conseiller du coup. Il voulait connaître la Madone, il voulait vraiment la monter. Je l’y ai emmené.

Au pied, je lui ai dit qu’on allait commencer à monter avec un rythme donné. Mais que dès que ça devenait dur pour lui, on devait en changer, de rythme, parce que le but est de monter régulièrement. Souvent les gens qui n’ont pas l’habitude de monter des cols, on les voit rouler très fort au pied. Moi je me dis alors qu’ils sont vraiment très très forts, qu’ils marchent bien, mais après, paf ! d’un coup, il n’y a plus rien. Il vaut mieux prendre un rythme confortable dès le pied. Ça ne sert à rien que tu partes trop vite, sinon tu n’arriveras jamais en haut. Apprends à te connaître, apprendre à connaître le rythme qui te correspondra le mieux. Monte à ce rythme, et après, si tu peux, accélère dans le dernier kilomètre. Là, tu pourras jouer un peu, et surtout connaître et tester tes limites.

DSC_4505

Mesdames, une bonne progression passe également par un bon équipement : un vélo correct, mais aussi une tenue qui tienne le coup. Pour cela, n’hésitez pas à prévoir un bon budget. Non seulement vous serez plus à l’aise pendant vos sorties, mais vous serez surtout équipées pour être protégées de n’importe quelles conditions climatiques. 

En cliquant sur ce lien, vous pouvez trouver des vêtements adaptés au corps féminin (ce qui dans le cyclisme est quand même rare), et d’excellente qualité (pour les tester en ce moment même, je peux vous l’assurer) : https://www.assos.com/women 

Allez, bonne sortie ! 

Publié par

7 réponses sur « Nicolas Roche (BMC) : ses conseils, sa prépa pour la saison 2018 »

      1. Oui, même si on n’est pas au courant, on trouve facilement cette info, et sinon on s’en doute à la lecture de la partie finale de toute façon, mais c’est quand même plus agréable « cartes sur table » en mentionnant au début au début ou à la fin que cette rencontre a eu lieu grâce à votre partenaire commun !

        Merci et bravo pour vos photos !

        J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s