MON BEST-OF DE LA SAISON 2017

La saison cycliste est terminée, c’est l’heure de la fameuse et souvent tant attendue, coupure. J’en profite pour vous faire découvrir (ou revoir, c’est selon), mes clichés préférés de cette année.

J’ai tracé une sélection, non pas en fonction des courses, mais en fonction des thèmes qui me sont chers : les émotions, le dépassement de soi, les paysages, les personnes croisées au bord des routes.. et les insolites. Vous êtes prêts ? C’est parti !

LE SPORT, CE TEMPLE DE L’ÉMOTION

Dernier thème de ce Best-of, mon préféré. L’émotion. Non, les sportifs ne sont pas des robots dénués de cœurs, qui se contentent de battre les KOMS et multiplier les bons résultats. Ce sont des gens comme vous et moi, qui subissent une grande pression au quotidien, et qui savent que leur corps et leur mental sont les seules armes dont ils disposent pour mener à bien leur carrière. Mais que c’est dur. Une carrière de sportif ne s’accomplit pas seul(e). Tout champion est entouré, par un staff, mais aussi des amis, une famille, une conjointe qui sont prêts à faire toutes les concessions possibles pour qu’au bout il y ait la victoire. C’est de ça que parlent ces dernières photos que je souhaite vous partager.

Et puis parfois, les personnes qui nous poussent le plus, qui comptent pour nous, ne sont plus là. Du moins, physiquement, car elles ne quittent pas notre cœur, et nous poussent à briller. Encore, toujours. Un peu plus qu’hier, toujours moins que demain. Pour elles, pour nous. C’est pour cela que ces deux photos, de Warren Barguil et Pierre Idjouadiene, sont mes préférées. Celles qui m’ont le plus touchée cette saison. J’ai pris celle de Warren au sommet de l’Izoard, alors qu’il venait de remporter sa deuxième étape sur le Tour, en la dédiant à ses grand-parents. J’ai photographié Pierre alors qu’il venait de remporter le Circuit des Quatre Cantons – Souvenir Etienne Fabre (sans doute la course la plus dure que j’ai eue à photographier), succédant ainsi au palmarès à Etienne, qui était son colocataire, et qui nous a quittés le 10 décembre dernier. Warren et Pierre ont su faire de cette blessure une force. Et c’est ce qui les a menés à ces moments, si forts, si durs, mais si beaux.

LE DÉPASSEMENT DE SOI

Avant-dernier thème de ce Best-of : le dépassement de soi. « Le sport est une école de vie », a-t-on l’habitude d’entendre. Et c’est vrai. On y apprend les valeurs du travail, de cohésion, de dépassement de soi. L’entraînement est souvent difficile, mais il paie quand on le suit avec attention. Les sacrifices sont nombreux, mais eux aussi se voient récompensés par une victoire, un record, une performance dont on peut être fier. Parfois, on se demande pourquoi on s’inflige tout cela. Pourquoi souffre-t-on à ce point, pourquoi fait-on cela ? Pourquoi cela ne paie pas tout le temps ? Pourquoi est-ce que je continue de le faire ? Telles sont les questions que tout sportif se pose lorsque les choses ne se passent pas comme prévu.

Mais quand la victoire est au rendez-vous, le temps d’un instant, le temps d’une soirée, le temps d’une journée, tous ces moments de doute, ces compromis se font oublier. Avant de repartir à l’entraînement dès le lendemain, pour continuer de dépasser ses limites, et n’avoir aucun regret.

 

L’ENVERS DU DÉCOR

Avant d’aborder les deux derniers thèmes de ce Best-of, j’avais à coeur de montrer un peu l’envers du décor du milieu cycliste, sous toutes ces facettes.  Il y a l’affûtage, cette fameuse quête du corps parfait, où le fait de pouvoir compter ses veines saillantes sur ses mollets est toujours bon signe. Il y a le massage, ce temps si important, avant ou après une course.  La concentration, ce moment où toi seul existes, avec ton vélo. Cet instant où tu sais que ton futur ennemi à venir sera le chrono, et que celui-ci avance, implacablement. Alors tes pensées sont fixes, mais ton regard est ailleurs.

Il y a aussi ces mains tendues. Celles d’une spectatrice venue voir ce qui se passait devant chez elle. Celles des journalistes attendant que Nairo Quintana se rapproche d’eux, pour pouvoir l’interviewer dans cette folie populaire qu’est le Tour. Celles d’une compagne bien décidée à remonter le moral de celui qu’elle aime et soutient, dans les bons comme dans les mauvais moments de sa carrière. Aujourd’hui, c’en était un mauvais.

 

 

Et puis il y a ces moments. La chute d’un côté, le dépassement de soi de l’autre. L’un est seul pour se relever. Le peloton ne l’attend pas, d’ailleurs il n’attend jamais, comme la vie et ses épreuves que celle-ci peut nous réserver. L’autre est, contrairement aux apparences, lui aussi, seul. Seul parce que tout le monde contemple son épuisement. Il y a toujours cet instant de flottement.  Pour la chute, une fois le choc passé, tu attends de voir s’il bouge, avant d’aller l’aider à repartir. Pour ce coureur (Alexys Brunel), tu attends quelques minutes. Qu’il reprenne son souffle, qu’il puisse parler, ou même déjà s’asseoir.

 

 

AU BORD DES ROUTES

Le bord des routes, les rencontres au quotidien… Enfants, familles de coureurs, passionnés, ou juste voisins un peu curieux de ce tintamarre qui passe devant chez eux. Le vélo est le seul sport, en dehors de la course hors-stade, qui se déplace chez les gens. C’est un univers qui part à la rencontre du peuple, aussi bien dans les grandes métropoles, comme Paris ou Shangaï, mais aussi (et surtout) dans les petits villages. Une course de vélo, ça vous anime tout un coin, ça peut créer des vocations. Des enfants qui se disent « Moi aussi, je veux le faire ». Des plus anciens qui se remémorent leurs carrières respectives. L’odeur de galettes-saucisses qui règne alors qu’en fond on entend toujours les mêmes speakers et leurs tics de langage. On peut croiser du monde sur toutes les courses. Parfois énormément, comme sur le Tour. Parfois moins.

Mais rendez-vous compte… A Lanarvily, en janvier dernier, ils étaient plus de 10 000 sur le Circuit du Mingant, à encourager les meilleurs cyclocrossmen français. Lanarvily qui en temps normal est une commune de… 300 habitants. 

De ceux qui passent des jours dans leurs caravanes sur le Tour à attendre que les coureurs passent, à ceux qui sortent leurs têtes de leur fenêtre pour voir ce qui se passe… de ceux qui restent des heures durant devant un bus pour obtenir un autographe, à ceux qui font une pause dans leur travail pour voir les coureurs passer… il n’y a qu’un pas.

 

 

LES INSOLITES

Deuxième thème de ce « Best-of » : les insolites. Ha ces coureurs, ils m’en font voir de toutes les couleurs ! J’aime ce sport parce que sa pratique peut être noble, belle et spectaculaire. Mais je l’adore parce que ses acteurs sont restés des gens comme tout le monde, des personnes qui en dépit de leur palmarès, sont accessibles. Ce sont des jeunes, qui une fois le vélo reposé, pensent à s’amuser, à profiter de la vie tant que celle-ci n’est pas un frein à leur progression sportive.

Je suis photographe depuis mes 14 ans, dans le milieu du vélo. Autrement dit, j’ai grandi en même temps que certains. Ceux que je vois aujourd’hui gagner sur le Tour, je les rencontrais il y a 4-5 ans sur les petites courses bretonnes. C’est pour cela qu’ils n’hésitent pas à jouer avec l’objectif, à faire les pitres… Mais surtout, et c’est ce que je souhaite plus que tout, c’est de voir ce sourire sincère dès qu’ils sentent que mon objectif est pointé vers eux. Cela donne des photos tellement plus joyeuses et naturelles…

 

 

BELLE FRANCE

Premier thème que je souhaite aborder pour ce « Best-of » de mes photos de la saison : nous vivons bien dans un beau pays… Après l’avoir une nouvelle fois traversé sous toutes ses coutures, après être allée dans le Nord de Saint-Omer, la Bretagne de Lannilis, ou encore le Sud de Marseille, voici quelques clichés montrant la diversité de nos régions… et de notre pays plus globalement ! On le dit souvent, la France est belle, et c’est le cas. Alors, promettez-le moi, la saison prochaine au lieu de faire la grasse matinée, prenez votre voiture, votre vélo ou vos plus belles chaussures de rando…Et partez à la découverte de ces environnements. Respirez un bon coup au sommet des montagnes alpestres, prenez en plein la vue dans les Monts d’Arées… ou éclatez-vous au Vélodrome ! Mais aller voir un événement sportif, surtout lorsqu’il se déroule en plein air, c’est aussi pouvoir apprécier le paysage…

 

 

 

 

 

A TRES VITE POUR LA SUITE DU BEST-OF !

Publié par

8 réponses sur « MON BEST-OF DE LA SAISON 2017 »

  1. Bravo Mathilde, j’ai vraiment beaucoup aimé ton best -of …Le Tour 2018 , sera aussi en Bretagne, je suis certaine,que tu auras beaucoup de plaisir à faire partager au plus grand nombre de magnifiques photos de chez nous, ton coeur parlera … parce que là où sont ses racines,le cœur garde une place privilégiée….

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